Comment procéder pour inventer une histoire du soir pour les enfants ?
Très souvent, quand je parle avec des amis de s’ils racontent à leurs enfants des contes ou des histoires du soir, j’entends leurs avis de désaccord. Eh oui. Toi tu as une telle fantaisie, à toi ça s’invente. Moi je n’ai jamais inventé rien de tel, je n’ai vraiment pas la tête pour ça, je suis trop bête, et ainsi en rond.
Et tu penses que ton garçon ou ta fillette se soucient que le conte soit tout à l’envers, mélangé ou n’ait aucun sens ? C’est précisément de ça qu’il s’agit. Après tout un dragon peut avoir des roues, un magicien quatre yeux et une souris une trompe. Crois-moi, nos enfants l’apprécieront et se souviendront précisément de ces contes plus que de tous. Et quand les idées ne abondent pas, copie et modifie. Ou alors… laisse créer l’histoire de conte par tes enfants à ta place.
Et comment faire ?
Lance simplement un thème, attire les enfants dans l’action par un petit détail et raconte ce conte soir après soir en rond et créez-le ensemble. C’est ainsi par exemple qu’est née une histoire que nous avons créée longtemps avec mon fils Luky et nous y avons beaucoup fantasmé et ri. Alors comment ça commençait alors ? Par une question !
Tu sais que même les lutins de la forêt ont des clés ?
Mais oui, comment déverrouilleraient-ils leurs arbres ? Ils doivent déverrouiller les arbres ? L’arbre tout seul ne les laisse pas entrer ? Mais oui, c’est comme ça. Ce sont les vraies questions, comment commencer à inventer une nouvelle histoire sur les lutins de la forêt.
Mais prenons-le bien depuis le début. Quand un tel garçon lutin se réveille un jour dans une goutte de rosée et s’anime d’un souffle de biche, il commence à grandir avec un petit arbre. Comme au petit arbre poussent des racines dans la terre, au lutin de la forêt s’allongent les petites jambes. Selon quel petit arbre c’est, les petites jambes du lutin se ressemblent. Les lutins d’épicéa les ont larges, ceux de pin allongées. Comme au petit arbre poussent les rameaux, ainsi lui poussent les bras en largeur et en hauteur. Peu à peu il s’épaissit et gonfle. Là pousse un rameau nouveau et ici au lutin les doigts. Comme le petit arbre se couvre de feuilles ou d’aiguilles, ainsi le lutin a selon cela des cheveux ou des poils. Certains ont même des piquants, bref les piquants.
Et tu sais que les arbres ont des nœuds ? Ce sont ces ronds et ovales dans le bois. Ils sont bien plus durs que le reste du bois du petit arbre. Ce sont les endroits où poussait à l’origine, ou devait pousser, un autre rameau. Soit il a fané, soit il s’est arraché, ou simplement à la dernière minute il a décidé de ne pas pousser là. Et ces endroits, ce sont précisément les nœuds. De façon similaire le lutin de la forêt a sur lui de telles taches de rousseur. Aux taches de rousseur des lutins on dit pourtant justement sucovky. Un nœud sur le petit arbre, une sucovka sur le lutin. C’est aussi pourquoi les lutins plus âgés sont bien piquetés, parce qu’ils ont sur eux autant de sucovky qu’il y a de nœuds sur son arbre.
Ça irait comme ça, les papas, non ? Alors on continue, on continue à inventer.
Pour chaque clé, quelque part existe aussi une serrure
Mais attention. Un nœud est tout à fait différent. Il est magique. C’est tout le premier nœud qui naît sur le petit arbre. Et si tu regardes avec attention le lutin de la forêt, enfin si lui te donne l’occasion de le voir, regarde-lui attentivement le cou. Ce qui lui pend. Quoi ? Qu’est-ce qui lui pend ? Mais la clé, évidemment.
Et si tu écoutes avec attention ce que marmonne sous ses moustaches ce lutin de la forêt, en général ça sonne à peu près comme ça : « Un anneau, un trait avec, chassons les fous de la maison. »
Chaque lutin de la forêt et chaque malenka porte toute sa vie au cou la clé de son petit arbre. Il naît avec lui dans une goutte de rosée. Elle ressemble à une petite racine, un petit rameau avec un œillet pour l’accrocher. Du cou du lutin elle ne se détache en fait pas. C’est comme si elle avait poussé dans le petit corps du lutin, et pourtant elle a l’air de pendre à son cou. Quand ensuite le lutin arrive à son arbre, la clé s’allonge magiquement vers ce nœud principal du petit arbre et s’ouvre la porte de la chambrette du lutin dans l’arbre. De façon similaire à comme les gens ouvrent et ferment les serrures. Cool.
Tu te demandes sûrement maintenant si on peut copier de telles clés, ou pourquoi les lutins ont précisément de telles clés. Non, copier on ne peut pas. Il n’y a toujours qu’un original, comme le petit arbre, comme le lutin de la forêt, ou la malenka. Il la porte toute sa vie et la garde comme le cœur dans son corps. Elle fait partie d’eux, presque comme leur âme de forêt. Nous pensons même que quand l’arbre à la fin meurt de vieillesse (ou que les gens l’abattent, qu’une tempête le déracine ou qu’un éclair le brûle), le lutin vient une dernière fois à son arbre, s’ouvre une dernière fois avec la clé, entre et ferme derrière lui. Puis ce nœud magique disparaît pour toujours, se dissout et tous les deux, l’arbre et le lutin, s’en vont ensemble dans les éternels terrains de chasse de la forêt.
Pourquoi alors les lutins l’ont-ils ? Parce que seul le lutin sait garder son arbre. Le lutin sait ce qui fait mal à son arbre et sait l’aider à pousser et à verdir. Et en échange l’arbre sait guérir son lutin. Grâce au lien de la naissance d’une goutte de rosée, à la clé et au nœud magique.
Et ça y est, déjà tombent d’autres questions :
- Et peut-il avec la clé ouvrir quelque autre serrure ?
- Et le lutin a-t-il fermé à clé aussi ses réserves ?
- Et a-t-il dans les racines de l’arbre un trésor fermé à clé ?
- Peut-il prêter la clé à quelqu’un d’autre ?
- Et de quoi est faite la lanière de la clé ?
- Et une telle clé peut-elle se casser ?
- Et si le lutin perd cette clé ?
- Et les lutins ont-ils leurs serruriers ?
Allez allez :) Que de questions. Alors inventons-y ensemble une réponse ? Une telle serrurerie de lutins pour réparer les clés cassées. C’est une bonne idée. Ou un dépôt de clés perdues. J’entends déjà comme sur le houbonet passe le message : « Une clé perdue a été trouvée, une clé perdue a été trouvée. Qui l’a perdue fasse dix flexions et se présente à la loge ! ». Ça vaudrait peut-être la peine d’intégrer aussi dans l’histoire qu’une clé étrangère peut aussi être portée par un autre lutin. Aider à la porter, quand le lutin n’en peut plus, quand la clé est malade, ou rouillée.
Tu vois papas et mamans, voilà d’un coup des possibilités de développer cette histoire. Que ça pourrait tenir pour tout un livret de récits ou une série de podcasts. Attrape cette inspiration et essaie aujourd’hui avec tes enfants de développer cette histoire d’un anneau et d’un trait avec. Tu verras comme les petits yeux des enfants s’illuminent et toi tu seras encore une fois le héros de l’histoire. Vas-y :)