Raconte des histoires à tes fils, ils en ont besoin

« Papa, raconte-moi une histoire, de quand tu étais jeune, une de la vie. » « Et qu’est-ce que tu voudrais entendre ? » « N’importe quoi. » C’est une sensation super, quand ton fils entre deux te communique en fait que tu es déjà au-delà du zénith. Je le dis évidemment avec humour. L’essentiel, c’est qu’il s’intéresse aux histoires de ta vie.

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Éducation des enfants et famille
7 min de lecture 24.02.2025

Mon fils Luky aime le plus celles qui sentent quelque bêtise. Tu peux donc t’imaginer son enthousiasme, quand je lui ai honnêtement raconté comment avec un ami à notre chalet en Bohême du Sud on fabriquait des mélanges incendiaires, on avait près de la forêt un stand de tir où on tirait dans de vieilles télés ou on lançait le couteau. Il adore ces histoires, souvent toutefois à la déplaisance de ma femme.

Les garçons dévorent vraiment les histoires de la vie du père

Probablement chaque homme a de telles histoires de vie, alors pourquoi ne pas les utiliser et ne pas les appliquer comme outil éducatif. Dans notre famille, c’est surtout moi qui invente et qui raconte. Toutes ces fables que j’ai inventées, quand les enfants étaient petits. Ils adoraient le jeu des 3 mots, qu’ils inventaient et dont je devais construire une histoire. Parfois ils m’achevaient avec leurs idées, par exemple quand Luky a lâché de côté les mots moissonneuse, mars et smarties. Ça a été alors une histoire du tonnerre.

Jířa des Goodman avec son fils Vašek «voyageaient» sur les planètes. En ces années ils sont devenus d’importants explorateurs de l’espace. Leur planète des tracteurs peuplée de machines agricoles rouillées est légendaire.

Mes enfants aimaient les récits des camps, où nous allions avec ma femme. Toutes ces histoires des courses par étapes, des concours de camp, des combats entre groupes de harcers. Pour eux c’était un récit captivant. Et puis les souvenirs des jeux de nuit du camp woodcraft à Bukovina, ça c’était du frisson.

« Papa, comment tu t’en sors avec le morse ? » m’ont demandé mes rejetons. Bon, je me suis mis la main sur la conscience. Aujourd’hui ce n’est plus très rose, mais à l’époque, jeune, j’y étais vraiment fort. Le groupe des autour a vraiment beaucoup donné de ce côté. Mes enfants utilisent encore aujourd’hui aux camps des cartes de vingt ans, que je me suis faites. Il y a des chiffres, des premiers secours etc.

Aujourd’hui tu peux trouver chaque information sur internet. C’est super que les enfants aujourd’hui n’aient pas à mâcher des quantités de données, mais d’un autre côté ces sagesses tribales transmises par le récit populaire avaient un charme irremplaçable. Qui connaissait les histoires avait le pouvoir. Ça se perd malheureusement aujourd’hui.

Les papas comme chamanes des temps nouveaux

C’est précisément nous, pères, qui formons le cercle familial masculin et qui transmettons plus loin à notre fils nos expériences. Tu penses peut-être que ce que tu dis n’intéresse pas les garçons, mais tu te trompes. Ils dévorent littéralement chaque mot. Je le sais, parce que j’ai Luky et il en est l’exemple vivant. Il me saute dans le récit avec des questions sur comment ça avait l’air là et là alors, si par hasard je ne connais pas le procédé de fabrication d’un verre bleu depuis longtemps plus produit etc. Bref, les histoires que je lui raconte l’intéressent.

Avec les années nos conversations sont bien plus longues et thématiquement plus exigeantes. On parle simplement de la vie. On effleure déjà des thèmes comme les femmes, l’amour, les relations, mais aussi par exemple le harcèlement à l’école. Toutes les histoires et expériences que j’ai sur les thèmes abordés n’attendent que dans ma mémoire de pouvoir les utiliser.
Nous avons tous vécu dans la vie des moments en haut et en bas, la montée au sommet et la chute au fond. C’est comme ça que ça va. Et c’est super qu’on puisse maintenant tout ça le dire à nos garçons, le transmettre, le partager. Et ils l’attendent. Après tout qui d’autre que papa devrait parler de ça avec son fils ? La honte et la peur, mets-les de côté, sois sincère, ouvert et surtout respectueux.

Tu as déjà ces histoires et il est important de les dire à ton fils. Saisis le bon moment et un endroit sans dérangement. Vous êtes des hommes, alors n’aie peur de rien et vas-y.

Le feu est l’endroit idéal pour ouvrir la discussion

Mon Luky perçoit de plus en plus cette vraie ambiance d’hommes. Je savoure beaucoup quand nous sommes ensemble tous les deux seuls. Ça ne veut pas dire que ça ne marche pas à la maison avec ma femme et ma fille, mais c’est autre chose. Les hommes ont simplement besoin de leur cercle masculin.

Si tu ne sais pas comment ouvrir la discussion avec ton fils, essaie de t’aider du feu. Préparez-le ensemble, allumez-le et observez comme le bois brûle et laissez-vous accorder au calme ondulation des flammes. Attends et commence à parler au feu, pas au fils. Ça peut avoir l’air comme ça, quand je raconte : « On était assis alors dans une clairière près du feu. On aidait les forestiers du coin à dégager des arbres et le soir on n’avait pas réussi à rentrer au village. La lune était pleine comme aujourd’hui. Avec nous étaient assis aussi de plus jeunes harcers entre 12 et 14 ans. À nous les plus âgés on avait alors 17 ans. On était assis et on ne savait pas qu’en conséquence de l’amnistie de Václav Havel, les prisonniers libérés commenceraient à rentrer chez eux à travers la forêt où nous étions campés. On surveillait les plus jeunes qui ronflaient tranquillement et de ces prisonniers on en a vu des centaines dans la nuit. » Tu verras que le jeune s’accroche bientôt avec les mots : « Tu me dis que la nuit autour de vous passaient des prisonniers ? C’est peut-être une blague. Les armes, ils en avaient ? » Et c’est ton moment, le dialogue vient de commencer et l’histoire s’installe déjà dans l’esprit de ton fils.

Et le rite de passage, papa, tu l’as eu ?

Luky a lancé la conversation, parce que lui-même a récemment traversé le passage d’enfant à ado. Moi je n’ai jamais vécu rien de tel, et c’est pourquoi je souhaitais tant que mon fils l’ait. Mais en fait si j’y pense, quelque chose comme un rite de passage, je l’ai bien vécu, alors lis cette histoire.

Ça s’est passé à l’époque où a brûlé mon Pifík. Avec mon ami Lukáš, à l’adolescence, on a décidé qu’on n’était plus petits, et donc il faudrait quelque chose pour le confirmer. À l’époque on s’occupait beaucoup du fonctionnement de divers inflammables, et l’idée était née. On s’est mis d’accord de construire avec le Merkur une grande voiture, à la place des conducteurs utiliser des peluches et ma préférée était le lionceau Pifík. Dans la voiture on a versé le mélange incendiaire et puis ajouté une mèche allumée. Ainsi préparée on a envoyé la voiture en bas de la pente raide de notre rue. La bagnole au bout d’un moment a flambé, et ainsi ont brûlé aussi nos années de gamin. Notre rite de passage.

As-tu une histoire similaire de jeunesse ? Je parie que oui. Alors n’aie pas honte et dis-la à ton fils.

 Peu importe si tes souvenirs reflètent en détail la réalité d’alors ou non. L’essentiel n’est que ta sensation et la façon dont tu veux transmettre l’histoire à ton fils. J’aime la phrase : « Ne détruisez pas vos histoires avec la vérité. » Moi de mon côté j’ajoute : « L’essentiel, c’est que la flammèche d’intérêt dans le cœur de ton fils ondule déjà. »

Klid se dá naučit.

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