Les réseaux sociaux et leur influence sur la psyché : Pourquoi nous nous sentons plus mal quand nous scrollons ?
Les réseaux nous relient au monde, mais souvent ils nous séparent de nous-mêmes. Pourquoi avons-nous le sentiment d’être toujours avec quelqu’un, et pourtant seuls ? Disons-nous franchement comment le monde en ligne nous influence et ce que nous pouvons y faire.
Quand le monde en ligne bat la réalité
Nous entendons souvent des histoires de personnes qui passent la majeure partie de la journée en ligne aussi bien au travail, dans la recherche d’un partenaire, que dans le temps libre. La présence en ligne constante peut créer l’illusion d’un lien, mais les vrais liens s’effacent souvent.
Notre cerveau à chaque notification entre en alerte, comme s’il s’agissait de quelque chose d’important. Seulement au lieu d’un vrai lien arrive souvent seulement une satisfaction superficielle, qui s’estompe vite. Beaucoup d’entre nous connaissent ce sentiment – une journée pleine de messages de travail, de chats de groupe, de défilement rapide du fil et de la recherche du soir de quelque chose « pour se calmer ». Seulement au lieu du relâchement arrive la fatigue et un vide étrange. Comme si la vie nous avait filé entre les doigts, et pourtant tu n’as vraiment touché personne, tu n’as pas ri à voix haute, tu n’as rien vécu de réel. Il n’est resté que le silence dans la tête.
Essaie parfois de t’arrêter à la maison et de réfléchir à combien d’heures parfois nous sommes assis l’un à côté de l’autre, chacun enfoncé dans son téléphone. Nous sommes ensemble, et pourtant chacun ailleurs.
Et justement cette combinaison de saturation et de solitude est selon les psychologues l’un des principaux déclencheurs d’anxiété et d’agitation intérieure.
Comment fonctionne la fausse dopamine
Les réseaux sont maîtres dans l’art de manipuler notre cerveau. Chaque like, chaque message déclenche une dose de dopamine, l’hormone du bonheur. Et plus nous en avons besoin, plus nous passons de temps en ligne. Mais cette dopamine est fausse, rapide et épuisante. Elle fonctionne comme du sucre pour l’âme. À court terme elle fait plaisir, mais à long terme elle affaiblit.
Peu à peu nous devenons dépendants de ces stimuli. Le monde réel semble ennuyeux, les moments ordinaires sans notifications peu intéressants. Au lieu du calme nous vivons de l’agitation, une surcharge et une perte d’attention. Et le cerveau demande une autre dose.
C’est surtout le cas quand les gens suivent de la musique ou des films sur le portable, et pendant ce temps les notifications des réseaux défilent. Ni la musique, ni le film n’ont alors une chance de nous absorber, nous restons éparpillés entre les mondes.
Quand la fausse réalité gagne
As-tu remarqué comme nous comparons facilement notre vie à ces profils lustrés sur Instagram ? Même si nous savons qu’il s’agit seulement d’une sélection des meilleurs moments, ces images arrivent à éveiller en nous le sentiment que notre vie ne suffit pas.
La combinaison de pression de la performance, d’idéal de beauté et d’afflux constant de stimuli peut mener à la frustration, à une faible estime de soi et à une perte de sens. Et c’est justement pourquoi il est important d’en parler et de chercher des chemins pour revenir à soi.
Comment commencer à se sentir mieux ?
Nous n’avons pas à disparaître du jour au lendemain du monde en ligne. Mais nous pouvons nous y tenir autrement, plus consciemment, avec plus d’égard pour notre santé mentale. Nous n’avons pas à nous interdire la technologie, de petits pas suffisent, qui nous ramènent à nous.
Introduis des limites numériques.
L’un des plus grands apports est de poser des limites numériques. Couper les notifications, se fixer des heures concrètes où l’on va sur les réseaux, par exemple seulement après le petit-déjeuner ou au plus tard une heure avant de dormir.
Crée une zone « no phone » du soir et du matin.
Par exemple de 20 heures le soir à 8 heures du matin, garde le téléphone hors de la chambre.
Beaucoup de gens s’en félicitent. Le matin ils se donnent au moins 30 minutes sans téléphone et le soir ils essaient une heure avant de s’endormir d’éteindre complètement les écrans. C’est un petit pas, mais avec un grand impact sur la qualité du jour et du sommeil.
Mets les chansons sur l’enceinte et pose le portable dans une autre pièce.
Même la musique sans interruptions de notifications peut être une forme de méditation.
Une autre habitude importante est le "scroll conscient".
Avant d’ouvrir l’appli, arrêtons-nous et demandons-nous : « Pourquoi j’y vais ? Que est-ce que je cherche juste maintenant ? Ai-je besoin de me relier à quelqu’un ? Ou est-ce que je fuis quelque chose que je ne veux pas sentir ? » Quand nous nous posons ces questions, nous découvrons souvent qu’en réalité nous cherchons du réconfort, pas du contenu.
Éteins Siri ou d’autres assistants vocaux.
Tu éviteras ainsi une stimulation inutile et le bruit publicitaire.
Des règles de famille ?
Dans certaines familles fonctionne aujourd’hui le dit pacte numérique c’est-à-dire un accord écrit sur la façon de traiter les technologies. Il pose des règles claires pour toute la famille. Et quand elles sont respectées, naît un espace pour de vraies conversations, du partage et aussi du silence.
Tu peux par exemple poser une soirée cinéma ensemble, vendredi ou samedi, pas de portables, seulement toi et le film. Nous recommandons d’éviter de regarder des séries sur le téléphone.
Portable dans la poche, lumière éteinte et profiter ensemble.
Retours hors ligne à soi
Les petits rituels ont de la force. Essaie au lieu du scroll du matin d’arroser les fleurs, de te faire un thé aux herbes, d’écrire quelques phrases dans un journal. Pour le soir prépare une couverture chaude, un livre et le silence. Tu découvriras peut-être que le calme est le plus grand luxe d’aujourd’hui.
Nous recommandons aussi une courte méditation de présence – "quelques minutes assieds-toi en silence, respire et perçois". C’est le retour à la maison – à soi.
Conseils pour chacun
- Fais-toi un « jeûne numérique » – par exemple à partir de 20 heures sans écrans.
- Trouve un rituel hors ligne – par exemple un thé aux herbes avec un livre.
- Écris ce que le monde en ligne te prend et ce qu’il te donne.
- Écris des affirmations qui t’aident à revenir à toi.
« Je reviens à moi quand j’éteins l’écran. »
« Nous n’avons pas à être toujours disponibles pour aller bien. »
« Dans la présence je trouve le calme. »
« Le chemin m’apporte le bonheur, ce n’est pas son but. »
Un défi pour toi
Essaie aujourd’hui après le travail d’éteindre le téléphone pendant deux heures. Consacre-toi au partenaire, aux enfants, à un livre ou au silence. Tu verras tout ce que pendant ces deux heures tu entendras à nouveau – dans le monde et en toi.
Mot de la rédaction Calmory
Chez Calmory nous croyons que la santé mentale commence par le retour à soi. Dans le monde numérique il est facile de perdre le fil. Mais chacun de nous a le droit de dire : « Assez. » Et recommencer. Hors ligne, dans le calme, dans la présence.
Littérature et sources recommandées
- Cal Newport : Le minimalisme digital
- www.health.harvard.edu – Dopamine et dépendance numérique
- www.apa.org – FOMO et impact des réseaux sur la psyché